Artisan Proche

Salle de bain clé en main : ce n’est pas un seul métier

Plombier, électricien, carreleur, peintre. Qui passe en premier, à qui part l’acompte, et pourquoi « c’est fini » n’est pas encore la réception.

« Salle de bain clé en main » sonne comme un seul chantier et un seul fourgon. Dans l’appartement, presque jamais. Quelqu’un casse, quelqu’un tire l’eau, quelqu’un tire le courant, quelqu’un colle, quelqu’un peint. Quand tout tient dans une promesse orale, le trou dans le mur se balade d’un nom à l’autre — et l’acompte est déjà parti.

Un seul interlocuteur peut tenir le planning. Il ne peut pas être à la fois plombier, électricien habilité et carreleur, si ça ne tient ni sur le SIRET ni sur le papier. Un artisan sérieux dit qui vient avec lui, et écrit qui répond de quoi. Un forfait « tout compris » sans noms est un forfait qu’on complète plus tard.

L’ordre qui tient l’eau

D’abord la cause et les réseaux, ensuite le carrelage. Démolition et benne au début, pas le vendredi où les carreaux sont déjà dans l’entrée. L’étanchéité et la pente du sol pèsent plus que le motif. Coller sur un mur humide ou sans étanchéité, c’est réclamer un joint qui noircit dans un mois.

Eau et évacuation se testent avant de reboucher. Pareil pour le courant — circuit machine, prise, lumière au-dessus du miroir — dans le mur avant le carrelage, pas « on passera un câble ». Après une rénovation lourde, le Consuel n’est pas un accessoire. L’assureur et le syndic le demandent. Un bricolage dans une salle d’eau qui touche une colonne, ça coûte cher le jour où ça fuit chez le voisin.

Peintre et ménage sont la fin, pas le début. Repeindre une auréole tant que le mur sèche après une fuite, c’est une deuxième couche. Le ménage après le carreleur n’est pas un coup de serpillière. C’est la poussière dans les joints, les films, le plâtre. Écrivez-le à part. Sinon l’un passe un coup et l’autre dit que « les joints, c’est comme ça ».

Un devis, ou cinq papiers — les deux marchent s’ils collent

Vous pouvez vouloir un coordinateur et un devis récapitulatif. Il doit porter les noms ou SIRET des sous-traitants, l’ordre, et qui réclame quelle partie. « Notre gars finira » ne suffit pas, le jour où le gars a disparu et que la facture porte un autre nom.

Ou vous commandez les corps vous-même. Ce n’est pas une honte. Le même paragraphe à tous : appartement, étage, ascenseur, baignoire ou douche, si la colonne bouge, si vous êtes propriétaire ou locataire. Le plombier et l’électricien doivent savoir que le carrelage vient après. Le carreleur, que les réseaux sont en place. Sinon chacun chiffre une autre salle de bain.

Un forfait « salle de bain » sans démolition, benne, étanchéité et sanitaires, ça ne se compare pas. Le carrelage est souvent à part des carreaux, la dépose de la baignoire à part. La ligne qui manque n’est pas zéro. C’est la facture le jour où vous n’avez plus de baignoire.

L’acompte après le métré, pas le jeudi « pour le matériel »

Un acompte avant visite est un signal. Une provision raisonnable vient après le périmètre, sur un RIB au nom du SIRET. Le solde à la réception — pas « quand le carrelage est dans le camion ». Pour la baignoire, la douche et le mitigeur, gardez le bon du produit à part de la garantie travail.

Si une seule personne encaisse pour tout le monde, que la facture d’acompte dise à quoi ça va : démolition, réseaux, carrelage. Un SMS « virez maintenant sinon on annule » est un drapeau rouge, même si le fourgon est déjà sous la benne. Le SIRET, trois minutes. La réclamation dans un mois, c’est pire.

Le locataire n’envoie pas d’acompte pour une colonne. C’est le commun, le syndic, ou un accord écrit avec le proprio. Son mitigeur et sa douche, oui — après le périmètre. Un paiement mélangé « un peu l’immeuble, un peu vous » sur un compte perso finit en dispute dans le hall.

Qui réclame le joint, le flexible, le disjoncteur

Ça fuit du mitigeur neuf : plombier et produit. Ça fuit du joint ou du tablier : carrelage et étanchéité. Le disjoncteur saute sur le lave-linge que l’électricien a posé : n’appelez pas le peintre. Écrivez-le sur le papier de réception, le premier jour. « Quelqu’un a travaillé dans la salle de bain » ne tient aucune réclamation.

La réception n’est pas « c’est fini, les clés sont sur le paillasson ». C’est une visite à deux : eau ouverte, joints secs, portes, évacuation, lumière, VMC. Gardez les photos avant le rebouchage. Une fois le carreau au mur, vous ne verrez plus si le tuyau tient.

La garantie travail est une phrase avec des mois, pas un sourire. La garantie baignoire est un autre papier. Si le chantier tient un SIRET et le sous-traitant un autre, sachez à qui vous écrivez dans un mois. Sinon vous composez un numéro qui ne décroche plus.

Immeuble : ascenseur, colonne, voisinage

Casser sans benne, sans film dans l’ascenseur et sans prévenir les voisins n’est pas une économie. C’est une plainte dans la boîte et une facture d’ascenseur que le syndic vous renverra. Écrivez qui descend les gravats, à quelles heures on percute, et si l’ascenseur peut servir. « On se débrouillera » vous laisse la poussière dans l’étage et une ligne qui n’était pas dans le forfait.

La colonne n’est pas votre mitigeur. Une fuite du mur ou du voisin du dessus veut une phrase du syndic : partie commune, c’est lui qui commande, on entre chez vous après accord. Avant que quelqu’un casse votre salle de bain « pour atteindre la colonne », arrêtez-vous. L’accès au commun n’est pas une réfection que vous n’avez pas commandée.

Commander ça en un après-midi

Un paragraphe. Ouvrez la ville et le métier : démolition, plombier, électricien, ensuite carrelage. Deux numéros pour le début — l’eau et la casse. Le même texte. Demandez l’ordre et l’acompte. Quand le métré tient, cherchez le carreleur sur la même surface.

Si vous voulez un coordinateur, qu’il nomme les sous-traitants et l’ordre. S’il refuse, commandez les corps vous-même. Deux appels de plus coûtent moins cher qu’un joint dont personne ne sait à qui il est.

Artisan Proche n’est pas une marketplace et n’est pas un conducteur de travaux. Nous rangeons des artisans d’une ville, avec un téléphone quand la source en donne un. Vous les appelez. Vous demandez le même local. L’acompte part sur un compte qui rencontre le SIRET et le périmètre. C’est plus lent de dix minutes, et souvent moins cher qu’une dispute sur qui doit revenir au même mur.